20.01.09

Pascale
Bradier, Daniel Ardoin et Jacques Girardeau se méfient de l'éolien
industriel. (photo s. V.)
Aquelques jours de la décision préfectorale
de valider ou non une zone de développement éolien en Haute Gironde
(voir nos précédentes éditions), l'association Vigie-Éole
(1), née à la fin de l'année dernière à Reignac,
fait entendre sa voix. Discordante.
Pas opposés
« Nous
ne sommes pas opposés au développement des énergies alternatives
aux énergies fossiles, bien au contraire. Mais nous contestons formellement
les arguments techniques et économiques présentés par les
promoteurs et les investisseurs de l'éolien industriel. Et nous demandons
une meilleure information des populations. »
Pour Daniel Ardouin et
ses amis, Pascale Bradier, Jacques Girardeau et Annick Eymas, cela ne fait aucun
doute : on est allé trop vite en besogne en lançant la procédure
d'étude d'une zone de développement éolien (ZDE), sans avoir
complètement informé les gens et débattu avec les populations
concernées.
Information
Déjà interpellé
sur la question, Philippe Plisson, président de la Communauté de
communes de l'Estuaire, avait nié le manque d'information, arguant des
réunions tenues avec les élus des communes à la CCE et avec
la population à Reignac. « Mais en juin, alors que le projet était
abouti, plus de 78 % des Reignacais se disaient non-informés » (2),
relèvent les animateurs de Vigie-Éole. « On aurait aimé
une véritable consultation de la population. »
Mais pourquoi
cette levée de boucliers reignacais ? Un regard sur la carte des contraintes
et la proposition de ZDE formulée dans le dossier soumis à homologation
l'explique : une fois croisées les cartes des diverses contraintes à
éviter, reste une zone, correspondant aux critères, qui est presque
exclusivement concentrée sur une bande de 10 km de long sur 1 kilomètre
de large, de part et d'autre de l'autoroute A 10. Sur la seule commune de Reignac...
Rayon
Sur
les arguments techniques, Vigie-Éole persiste et signe : « Nous ne
sommes pas d'accord avec ce rayon de 500 m qui serait ici la distance minimale
à respecter entre une éolienne et les premières habitations
voisines. Ailleurs, et en particulier en Charente (à Bernay-Saint-Martin),
on a retenu un rayon de 850 m. L'académie de médecine recommande
1 500 m. Si on applique ces recommandations ici, il n'y a plus de ZDE. Et, insiste
Jacques Girardeau, on a planché très fort sur ce dossier. Et l'on
en arrive à la conclusion que le bilan de l'éolien industriel est
défavorable. Nous demandons instamment que la concertation soit reprise
avec l'ensemble des éléments de réflexion. Comme dans le
Nord-Pas-de-Calais, où les choses se sont passées dans le respect
des populations. Et au préfet de surseoir à sa décision.
Malgré leur parc de 20 000 éoliennes, les Allemands reviennent aujourd'hui
sur leur enthousiasme. Quelles nuisances réelles ? Quelle durée
de vie ? Quels financements pour le démantèlement, à terme
? Il faut réfléchir en profondeur à tout cela. Car si notre
perspective d'action se réduit aujourd'hui, il ne nous restera plus comme
moyen d'action que les procédures devant le tribunal administratif. »
(1)
Membre de la Fédération nationale de l'Environnement durable. (2)
Selon un sondage ayant concerné 900 personnes et portant sur 400 réponses.
Auteur
: sylvain viaut
s.viaut@sudouest.com